Richard III est l’une des tragédies les plus sombres de Shakespeare. Le royaume est déchiré par la guerre, la ruine et le chaos, et le mégalomane Richard de Gloucester fera tout pour accéder au trône. Sur scène, cet appétit d’ogre est incarné par un comédien, seul interprète humain à jouer à vue. Autour de lui, vingt-trois marionnettes sidérantes, poudrées, en costumes d’époque - les mètres et les mètres de velours, brocarts et taffetas nous en mettent plein les mirettes. Il les élimine les unes après les autres, sur un plateau modulable, construit tel un échiquier.
La lumière et le son, subtilement dosés, soulignent la noirceur crépusculaire, légèrement fantastique, et le grotesque de ce monstre dont l’ascension est aussi brutale que le sera sa chute. Et puis il y a la présence des danseuses et danseurs, qui animent et chorégraphient les émotions des pantins,
les « porteurs de parole », qui leur prêtent voix
à distance...
Tout est intelligent, inventif et l’on quitte la salle le cœur battant, se disant que l’on vient d’assister à un spectacle total.
Avec le soutien de l’Onda