Au centre d’une scène carré, une femme gigogne, tantôt marionnette habitée, tantôt marionnettiste. En dehors, un homme-orchestre - batterie, accordéon, clarinette, voix, loop. Comme le conteur met sa voix au service de l’histoire, le duo s’efface, et donne vie à l’histoire. Celle de la jeune fille sans main, que son père, meunier, a bêtement sacrifiée : « Je suis la Manékine / Le Diable a pris mes mains / Mais il n’eut pas mon âme / Écoutez messieurs dames / Comment sonne mon destin... ». Les métamorphoses et les effets spéciaux s’enchaînent - masques, pantins, projections, ombres -, petits miracles d’artisanat, nous immergeant, tambour battant, dans un univers étrangement beau.
Tout en clair-obscur, à cheval entre le tragique et le burlesque, la magie millénaire des contes et les questions qui brûlent notre société. La compagnie La pendue secoue la tradition.
Et les ailes du moulin projettent farine et paillettes, accompagnant la jeune fille sans mains vers
la liberté.
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Artcena : Le Panorama des arts de la marionnette
