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Exposition photographique Brésils Photographies : Ludovic Carème

Photographies Ludovic Carème, Agence VU’
Commissaire Christian Caujolle

Exposition co-accueillie par le théâtre La passerelle et
le Musée Museum départemental des Hautes-Alpes.

D’une petite favéla au coeur de Sao Paulo jusqu’au fin fond de l’Amazonie, un voyage photographique entre documentaire et poésie qui questionne la situation actuelle du Brésil.
Une exposition à découvrir à la Galerie du théâtre et au Musée Museum départemental à Gap dès que les lieux culturels auront rouvert.

« Installé au Brésil pendant plus de dix ans, Ludovic Carème a pris à rebours le trajet de ceux qu’il a photographiés. Il a commencé à dresser le portrait de la petite favela d’Agua Branca à Sao Paulo, pour finir son périple en Amazonie, là d’où sont partis ceux qui rêvaient de trouver le bonheur dans la mégapole. Puis, il est allé régulièrement à Agua Branca dans ces baraques en planches, construites au-dessus des égouts, il a photographié, de près, en noir et blanc vibrant ceux qui acceptaient sa présence et lui faisaient don de leur visage. C’est là aussi qu’il a photographié, en pied, les travailleurs.
En 2012 il a cadré les grands immeubles du centre mis en jachère par des promoteurs spéculateurs, ruines modernes et dérisoires, révoltantes, dans une ville où des milliers de sans abris rendent encore plus intolérables ces habitations vides transformées en œuvres d’art urbain par d’audacieux « Pixadores ». En abandonnant la ville pour le plus profond de l’Amazonie, en poursuivant son travail de portraitiste et en le complétant de vues, souvent sensuelles de la forêt, mais aussi de constats nets de sa déforestation, il poursuit le développement sensible d’une photographie documentaire aux solides bases classiques.
Des portraits dignes et un peu tristes, une forêt luxuriante, en butte aux agressions de l’homme, des maisons détruites, le double mouvement qui mène les pauvres vers les villes et leur interdit les centres, tout est là, avec retenue, avec une forme de poésie aussi. »
Christian Caujolle

La presse en parle

« Ludovic Carème photographie ces habitants en leur octroyant une dignité qui transparaît dans la force de leur regard. Les tirages carrés en noir et blanc de ce remarquable portraitiste, d’une (...)

« Ludovic Carème photographie ces habitants en leur octroyant une dignité qui transparaît dans la force de leur regard. Les tirages carrés en noir et blanc de ce remarquable portraitiste, d’une exceptionnelle concision, possèdent une dimension quasi sculpturale dans le rendu de la lumière. Pas d’exotisme ici, mais une immersion totale dans les images dont la composition en laisse ni vide ni échappatoire. »
The Art Newspaper Daily

« Les photographies du Brésil de Ludovic Carème lui ressemblent étonnamment. Douces, calmes, subtiles, pleines d’humanité et d’empathie, elles ne prétendent pas à une vérité définitive, mais traduisent plutôt le sentiment de rencontres heureuses. »
Fisheye

Ludovic Carème se passionne pour la photographie dès le lycée, en lisant les reportages du journal Libération dans le R.E.R au début des années quatre-vingt. Il suit des études de photographie à l’ETPA de Toulouse et publie sa première photo dans Libération en 1995.
Sur une idée de Jean Hatzfeld, il fait des portraits de couples de réfugiés échappés de l’horreur à Srebrenica. Cette première expérience lui transmet l’urgence de témoigner de l’injustice et de la fragilité humaine avec son Rolleiflex 6X6 ou son Hasselblad. Son style sensible, à la fois contemporain et ancré dans la tradition des portraitistes, s’impose dans les rubriques « culture » et « société » de la presse périodique (Libération, L’Express, Nova, Le Courrier International, Elle… ), avec ses portraits des sans-papiers maliens en grève de la faim de l’église Saint-Bernard, les actions d’Act-Up ou encore les esclaves haïtiens des plantations de cannes à sucre en République Dominicaine. Son regard fait ressortir le drame des vedettes et la splendeur des vaincus et lui ouvre la voie de la presse internationale, des maisons de disques, et des festivals.
En 2007, Ludovic Carème s’installe à São Paulo pour changer radicalement ses habitudes et se re-centrer sur la photographie documentaire. Il explore une favela condamnée à la destruction par la spéculation immobilière et confronte le quotidien de ses habitants en sursis sur une période de plus de 2 ans. Ce travail personnel qui prend le nom de la favela « Agua Branca » l’incite à s’enfoncer plus profondément dans la faille qui sépare la classe dominante blanche avec ses immeubles vides et ses victimes. Les moins chanceux limitent leur habitat à une bâche ou une couverture qui forment de tristes « cocons » rejetés sur l’asphalte du vieux centre de São Paulo.
Ludovic Carème remonte les courants jusqu’à la région de l’Acre, là où naissent les sources qui alimentent jusqu’aux grands fleuves amazoniens, à la rencontre des « Seringueiros », les récolteurs de caoutchouc. Ces descendants de paysans miséreux du Nordeste, envoyés par les autorités vers la forêt amazonienne pour reprendre la production de caoutchouc au début de la seconde guerre mondiale, se sont souvent mélangés avec le indiens Kaxinawas, Asháninkas, Jaminawas et ont aussi été exploités et décimés. Quelques tribus vivent encore en harmonie avec la forêt grignotée par ces descendants des soldats du caoutchouc, aujourd’hui manipulé par la puissance de l’industrie agro-alimentaire.

Une production de la Friche la Belle de Mai avec le soutien de Veja et Picto Foundation

Exposition

Du 17 avril
au 19 septembre 2021


Vernissages

au théâtre
Ven. 16 avr. à 19h

au musée
Sam. 17 avr. à 16h

Entretien avec Christian Caujolle
Interview de Ludovic Carème et Christian Caujolle