Spectacle en arabe surtitré en français
Pièce prémonitoire s'il en est, Amnesia, créée quelques mois avant «la révolution de jasmin», raconte la déchéance d'un autocrate tunisien et les méthodes insidieuses de la répression d'un régime autoritaire. Les auteurs, Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar, mettent en avant la responsabilité de chacun à travers le silence des intellectuels et des journalistes, le repli sur soi, la perte de repère d’un peuple... En dénonçant les mécanismes d’un pouvoir despotique, ces artistes, figures de proue du théâtre arabe, nous offrent une magnifique ode à la liberté.
Le personnage principal de la pièce, Yahia Yaïch, est un homme politique de haut rang. Brutalement écarté du pouvoir, il apprend sa destitution à la télévision. Sa chute est alors inexorable : disgrâce, assignation à résidence et accusations multiples. Il est interné pour confusion mentale, après avoir mis le feu à sa bibliothèque, et sera livré à une hiérarchie médicale arbitraire et fantasque, à l’image du système qui l’avait promu.
Magistrale et chorégraphique, la pièce s'écrit comme une ronde autour de la chute de l'homme haï. Chaque comédien y incarne plusieurs personnages, automates englués dans un monde absurde. Monté comme un thriller, tissé de révélations et de rebondissements, Amnesia est un spectacle de chair et de sang, superbement porté par onze comédiens.
Projection
de
Plus jamais peur, au coeur de la révolution tunisienne,
un documentaire de Mourad Ben Cheikh, mercredi 22 février à 20:30 au cinéma le Club
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EXTRAITS DE PRESSE
« Voici le choc, celui qu'on attendait, celui qu'on attend toujours en allant au théâtre, et qui est si rarement au rendez-vous. Amnésia, la dernière création de Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar, est un véritable coup de poing, tant politique qu'esthétique. Il y est question d'oubli, mais parler de la défaillance de mémoire est aussi une façon de s'en prémunir. »
Les Trois Coups
« Avec 11 superbes comédiens, en noir et blanc, une chorégraphie magistrale, une bande-son remarquable et un décor minimaliste, Jaïbi dépose sur le plateau, l'ennui, la peur, la corruption, le népotisme, la stigmatisation, la langue de bois, l'enfermement.(...) La pièce avance comme un thriller avec la stature d'une tragédie grecque, toujours en proximité avec le public. Pas de jugement, pas de commentaires, mais des actions et un état des corps sous un régime dictatorial. Des corps qui s'endorment, sursautent et sont pris de tics sous la terreur et l'effroi, des corps qui brûlent dans des incendies volontaires ou gisent reclus dans des hôpitaux psychiatriques. Salutaire, ce théâtre radicalement laïc et contemporain est un forum politique ultrasensible qui donne l'envie d'agir. » Le Dauphiné Libéré
« Vive la Tunisie libre ! » C'est le moment des saluts, explosifs, chaleureux. Face aux spectateurs debout, les comédiens jubilent, certains font le signe de la victoire. Ce cri sort des gradins et l'euphorie, palpable, est vécue comme une libération. Libération bien sûr, de 55 ans de musellement politique, célébrée dans un même élan par les artistes de ce pays et le public réunis à Annecy. Mais libération aussi du tunnel angoissant dans lequel le metteur en scène et sa femme enferment savamment le héros d'Amnesia, tyran limogé qui devient la victime du système d'oppression qu'il a lui-même élaboré.» Le Temps
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EXTRAIT VIDÉO
http://www.youtube.com/watch?v=4Z9A7fmsM6E
