Troublant jeu de clones que cette pièce pleine d’esprit, Passo, interprétée par la chorégraphe Ambra Senatore et quatre danseurs, tous juchés sur de hauts talons. Même perruque noire, même robe moulant leur corps, même geste soigneusement chorégraphié : l’illusion est totale et l’identifcation impossible! La danse fluide, mise en valeur par une forte présence scénique, se joue du décalage entre les mouvements, de l’apparition-disparition d’un corps à l’autre, de la désynchronisation du geste. Et s’amuse plus que tout, avec une ironie contagieuse, à nous faire perdre nos repères en fragmentant notre vision : qui est Ambra Senatore?
Déjà dans ses solos précédents Merce et Maglie, l’Italienne démystifiait l’image de «la danseuse» par sa présence désopilante, son interprétation décalée et ses accessoires ultra-féminins. Dans Passo, elle repousse les limites entre fiction et réalité, entre ce qui est dedans et en dehors du spectacle en évoquant la notion du double interchangeable. Son écriture se fait plus dynamique encore, cassée par des chutes et des reprises, des gestuelles inattendues, depuis la partition sur mesure jusqu’à l’improvisation feinte. On rit à cette partie de cache-cache faussement désinvolte et aux effets de surprise ! On pourrait se reconnaître là, et là encore, sous ces quelques mèches noires, à l’équilibre sur le plateau (et dans la vie?). Dans cette démarche mal assurée stigmatisée par le doute et le questionnement... Mais n’est- ce pas le propos même de ce Passo double ?
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EXTRAIT DE PRESSE
« L’italienne Ambra Senatore a proposé, avec Passo, une pièce pleine d’esprit. Elle apparaît seule en scène en hauts talons. Elle écarte ses jambes au point de rendre le maintien de son équilibre difficile, surtout lorsqu’elle tente de garder le haut de son corps en mouvement, bougeant dans toutes les directions. Lorsqu’elle danse, un autre bras apparaît brièvement, dépassant d’un rideau, identique au sien, comme une parodie d’un instant de son mouvement. Lorsque son corps disparaît derrière un paravent, un autre corps entre dans la même situation et nous pouvons extrapoler la vision fragmentée d’une action unique dédoublée. Passo est construit sur un jeu de doublure avec les autres danseurs. Senatore joue aussi sur le trouble en rajoutant de la désinvolture à son travail, se frottant le coude comme si elle s’était blessée, prenant une gorgée d’eau, ou secouant la tête comme si elle avait fait une erreur.
Tout est soigneusement chorégraphié, du geste de mettre leurs cheveux derrière les oreilles au raclement de leur gorge. Si Passo ne vous met pas un sourire aux lèvres, stoppez tout, c’est que vous êtes profondément insensible. »
Revue des 9e Bancs d'Essai Internationaux
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ACTION CULTURELLE EN LIEN AVEC LE SPECTACLE
Week-end à Turin « Une grande capitale de l'art contemporain»
Samedi 27 et dimanche 28 avril en collaboration avec le musée muséum départemental, Gap
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