théâtre

Face au mur
Tarif Grenat
tue 24 nov 2015 / 20h30

Théâtre La passerelle

De Martin Crimp
Mise en scène Hubert Colas

Trois pièces courtes pour un théâtre coup de poing, comme on a en parfois besoin pour réveiller nos consciences engourdies. Lorsqu’on est « face au mur », il n’y a que deux attitudes possibles : baisser les bras ou remonter ses manches. À l’image de ses compatriotes Sarah Kane et Harold Pinter, Martin Crimp est un auteur qui constate la violence du monde, sans pour autant se résoudre à l’accepter. Aussi féroces soient-ils, ses textes ne poursuivent d’autre but que celui de provoquer en nous le sursaut. Cette « cruauté utile » de l’œuvre de Martin Crimp a tout de suite plu à Hubert Colas, qui ne redoute rien tant que l’endormissement. Sur scène, il la transcrit au plus près, dans le style qu’on lui connaît : scénographie ultra-léchée, jeu impeccable des acteurs. Perdus dans un océan de ballons éclairés de blanc ou de rouge sang, quatre hommes et une femme conversent. Au fur et à mesure que leurs paroles tombent dans nos oreilles, notre fauteuil perd de son confort. Le chaos de notre société nous parvient de plein fouet, notre hypocrisie à l’occulter aussi. En chirurgien de la dérision, Martin Crimp dissèque nos obessions sécuritaires, notre peur fantasmatique de l’Autre, jetant la lumière sur nos pulsions les plus sombres. Pour ne pas suffoquer, on s’accroche à l’humour du texte, anglais et grinçant à souhait. Au terme de ce triple uppercut théâtral, on pourrait craindre de rester K.O. Il n’en est rien. Car en y regardant de plus près, du côté de la scène et de la salle, on se dit que finalement face au mur, on n’est peut-être plus tout seul(e).


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LA PRESSE EN PARLE

« Aux subtilités de l’écriture so british de Martin Crimp, qui ne cesse d’avancer masqué et ne lâche qu’avec parcimonie ses éclats de réel, Hubert Colas répond en mettant les pieds dans le plat à la manière des maîtres du cinéma italien quand ils inventent Les Nouveaux Monstres. Et ces personnages que Crimp désigne seulement d’un chiffre (1, 2, 3 ou 4), Colas les habille comme pour une soirée de gala, en veste de smoking et robe du soir. Une bande de jeunes bourgeois qu’il manipule avec une ironie féroce en leur faisant égrener toutes les horreurs possibles à la manière du récit de leur dernier shopping. Une mise à distance qui rend encore plus flagrante la dénonciation de l’isolement coupable dans lequel ils se complaisent. »
LES INROCKUPTIBLES


« Une mer de ballons blancs a envahi le plateau du théâtre. Chaque déplacement provoque des vagues qui débordent parfois sur les premiers rangs de spectateurs. Sous les projecteurs, la mer change de couleur et la douceur de ce décor, entre fête enfantine et rêve bucolique, est seulement démentie par les explosions des baudruches. Cinq comédiens jeunes et chic flottent en souriant dans ces limbes.
Hubert Colas a trouvé un parfait équivalent scénique à l'effrayante fluidité de la langue de Crimp. Sa mer de ballons est en fait une coulée de lave...
»
Libération

« On retrouve dans chaque pièce la même acuité cruelle et tendre sur des personnages qui n’ont pas de nom et reflètent un état des choses sans joie mais non sans ironie. Tout cela se joue dans un très beau décor allusif : une nuée de ballons blancs qui recouvrent la scène, nimbée d’une lumière qui parfois évoque les installations de James Turrell. Cinq comédiens se partagent les rôles, épatants et émouvants. »
Le Monde

« Hubert Colas, qui signe ici décor et mise en scène, est de ces passionnants hommes de théâtre d’aujourd’hui capables de maîtriser aussi bien l’écriture – la sienne est politico-poétique – que la matière visuelle et sonore de la scène, que le corps et la voix des acteurs devenus vivantes sculptures sous l’ombre et la lumière. »
Télérama


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EXTRAIT VIDEO


Mise en scène et scénographie Hubert Colas
Avec Pierre Laneyrie, Isabelle Mouchard, Thierry Raynaud, Frédéric Schulz-Richard, Manuel Vallade
Assistante mise en scène Sophie Nardone
Univers sonore Zidane Boussouf
Lumières Pascale Bongiovanni et Hubert Colas
Vidéo Patrick Laffont
Régie générale et son Frédéric Viénot
Régie lumière Fabien Sanchez
Régie plateau Stéphane Luchetti
Habilleuse Marion Poey

Production : Diphtong Cie
Coproduction : Théâtre du Gymnase, Marseille ; Festival d’Avignon ; Festival Perspectives de Sarrebrück
Avec le soutien de montévidéo
Diphtong Cie est conventionnée par le ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, et subventionnée par la Ville de Marseille, le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Conseil général des Bouches-du-Rhône.
 


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crédit Hervé Bellamy